Faut-il que je sois à ce point négatif pour voir ce monde si noir, et malgré des circonstances atténuantes, je devrai songer à faire preuve d'optimiste, ne serait-ce que pour mettre un peu de volonté de côté.
Pour bien faire, je me suis écroulé sur une porte, afin de m'y adosser tranquillement et reprendre ce satané souffle. Dire que je pensais avoir déjà expirer le dernier.
Tout était si calme, un monde paisible, presque endormit. Seul les courants d'air qui s'échappaient de sous la porte réussissait à m'agacer l'épiderme et maintenir une prise sur la réalité. Mais Dieu sait à quel point j'aurai aimé m'assoupir. Goûter à nouveau au rayon du soleil qui se lève, et le doux parfum d'un chocolat brûlant. Les souvenirs de certaines saveurs me laissaient presque un goût amer dans la bouche. Si J'avais encore eu la liberté d'en avoir une.
Malgré cette croix, dans mon enfer je pouvais compter sur l'absence de ce besoin de remplir mon estomac. De mon vivant, je garde le souvenir de fêtes familial se transformant bien vite en orgie durant la journée entière.
Je pris le temps de rêvasser, les yeux rivés sur les dalles froides des escaliers. Puis je réussis, péniblement, à relever ma carcasse. Ma main glissa sur la poignée de la porte laissant la porte s'entrouvrir vers la lumière du jour. Pas de bureau, pas de mur, j'avais atteint le monde extérieur, un monde de cocagne frelaté auquel j'avais un jour appartenu. Mort, je le profanais de ma présence, lui pour qui le soleil ne devait accorder son éclat qu'aux vivants, j'étais le cheveux dans la soupe, la mauvaise pièce qui ne pouvait s'insérer dans ce puzzle, et pourtant j'était bien présent, c'est si bizarre de sentir le poids de son corps soumis à nouveau à la loi de la gravité, de pouvoir goûter les rayons du soleil et le vent qui claquait joyeusement contre mon visage, mais il ne semblait y avoir personne au alentour pour s'en plaindre. Les rues m'accueillirent d'une journée ensoleillée, d'un ciel si bleu loin de l'obscurité et de la peur. J'avais cette sensation de faire mes premiers pas sur un nouveau monde qui ne s'attendait pas à ma venue. Mes pas m'entraînèrent vers les rues de la ville, là où je pouvais m'attendre à croiser des hommes et des femmes. J'étais curieux de voir l'évolution de l'espèce humaine, sans croire une seul seconde que malgré tout ces siècles, elle aurait pu s'améliorer. Par expérience je savais qu'il nous était plus facile de chuter, ou plutôt de se laisser choir, plutôt que d'aller de l'avant. Ça sera toujours mieux hier et bien pire demain.
J'entendais les bruits de cette ville que je découvrais petit à petit, mais malgré les sons des voitures, des voix humaines et le chant de la nature. Je ne percevais nul mouvement. Les rues restaient abandonnés, même les plus larges, celles qui auraient dû être surpeuplées de monde. Peu importe où j'allais et quel chemin je décidais d'entreprendre, je restais seul. Personne, pas même la moindre trace de voiture roulant sur les routes, alors que l'air restait vicié de dioxyde de carbone. Je nageais dans une ville fantôme déserté par ces hommes et ces femmes qui l'avaient un jour bâti. Et pourtant, bien que désespérément seul, les choses ne semblaient pas inerte. Sur les terrasses des bars, je pouvais voir des tasses remplies de cafés dont les arômes auraient pu chatouiller mes narines si j'avais su où elles étaient passées. Fait plus curieux, je pouvais voir des verres se vider d'eux-mêmes, comme si l'eau s'évaporait sous mon regard perplexe. Des portes ce fermaient ici et là sans que je puisse déterminer si le vent était à l'½uvre ou si c'était du ressort de mon imagination enfiévré par le doute et des craintes qui ne cessaient de croître.
Je me suis assis sur une terrasse de café, je ne savais pas où aller, je devais faire un peu le point. J'appréciais d'ailleurs le plaisir que ça procurait, de « vivre » un peu de temps sans le stress qui te déchire le cerveau. J'étais même prêt à laisser sur le banc de touche la demi douzaine de question qui faisaient la queue dans mon esprit.
Le soleil ne tapait pas si fort que ça, je ne comprenais pas pourquoi la place était déserte. C'est presque comme si on avait chassé ses habitants. Mais ça ne m'émouvait pas.
Je laissais mon esprit se nourrir de la vue des nuages de sable soulevés par le vent. Incrédule, mon regard bloquait sur les immeubles au alentour qui s'affaissaient sur eux-mêmes, pour partir en nuages de sable.
La ville devenait un désert au sens propre du terme. J'affrontais un raz de marré de sable, les carcasses de bâtiments s'effritant autour de moi de tous côté. La ville disparaissait, mon corps restait inerte, ne trouvant ni la force, ni l'envie de fuir, fasciné par cette étrange spectacle, mes fesses reposaient sagement sur la chaise alors que j'aurai du bondir comme un cabri. Quelque part, c'était étrangement rassurant de penser que finalement j'avais perdu l'esprit. Comment aurais-je pu échapper si facilement à l'enfer qui m'était destiné ? Le chemin de la rédemption n'a jamais été à ma porté, pas la moindre petit seconde chance et aucune lumière au bout de ce tunnel. Juste une tromperie de plus destiné à l'amusement d'esprit plus élevé.
Ça me laissait de marbre, mon c½ur et mon corps plongé dans l'ombre amer du stoïcisme, ne gardaient aucun regret qui auraient pu m'empêcher de continuer ma route vers les tristes couloirs dont les chemins se refermaient derrière moi, empêchant toute tentative de rejoindre la lumière du soleil.
Le sol devenait un siphon, une bouche gourmande déformer par la faim grandissante qui m'entraîne sur son passage, un trou noir répondant à sa nature insatiable, signant ma chute vers ces entrailles qui venaient me réclamer. J'émettais le regret de n'avoir savoure plus longuement ces instants si précieux, et ne pas avoir calculer toute la portée de ce répit qui m'avait été donné de savourer, j'aurai pu me sentir de nouveau un homme libre, baignait dans l'insouciance d'une journée qui n'aurait pas du se finir de cette manière si sordide, avec ces questions que j'emportais avec moi, elles disparaissaient à leur tour.
Mon bras droit, fut le dernier membre que je pu pointer ver le ciel , tandis que j'étais entière digérer par le sable du désert...
à suivre....